Crises agricoles et alimentaires: Causes, conséquences et perspectives

Plus de 200 personnes se sont rassemblées à la conférence du disciple de René Dumont, le 17 septembre dernier. Marcel Mazoyer promettait une conférence sur les mécanismes qui ont favorisé l'apparition et le maintien des crises alimentaires et agricoles, de même que sur les changements qu'il faudrait apporter pour réellement remédier au problème que constitue la faim. Conférencier volubile, parfois comique, M. Mazoyer aurait assurément eu besoin de plus d'un après-midi pour aborder tous les points souhaités.

Le conférencier a démarré sa présentation en proposant un retour sur les statistiques effarantes de la faim dans le monde et sur la forte représentation de la population rurale dans celles-ci. En effet, 70% des personnes sous-alimentées proviennent des milieux ruraux. Ce pourcentage n'inclut pas tous les anciens ruraux qui ont quitté leurs villages pour les bidonvilles de grandes capitales et qui se retrouvent aussi en pareille situation. «Oui, la pauvreté et la faim sont massivement paysannes et lorsque ce n'est pas exactement le cas, cela en découle...», a-t-il souligné.

Selon M. Mazoyer, l'un des problèmes les plus importants pour les paysans demeure l'accès aux moyens de production : «À chacun selon ses moyens, pas selon son travail!». Le conférencier nous a rappelé que près d'un milliard de personnes actives en agriculture ne travaillent qu'avec des outils manuels, un accès infime aux intrants, semences et engrais et une sécurité restreinte ou inexistante quant à l'accès à la terre. Pour lui, le problème de la production alimentaire passe par un soutien à l'agriculture familiale qui, comparativement à l'agriculture conventionnelle, est en mesure de connaître des croissances importantes avec seulement un peu plus de moyens de production.

M. Mazoyer soutient que la planète possède les superficies nécessaires pour doubler la production agricole, pourvoir aux besoins de la population qui a faim et subvenir aux besoins de la population grandissante. Toutefois, cela ne pourra pas se réaliser facilement, sans que des concessions soient faites pour y parvenir. Parmi ses idées pour atteindre cet objectif, M. Mazoyer a souligné le développement de politiques de prix protégés et stabilisés à des niveaux assez élevés pour garantir un niveau de vie supérieur aux agriculteurs familiaux, la création d'accords internationaux par produits, la rédaction de politiques alimentaires de transition et la mise en place de réformes agraires «civilisées» ou d'impôt foncier différentiel basé sur les qualités du sol.

Inspirant, vous dites?


Activité organisée par la Chaire en développement international, en collaboration avec l'Institut québécois des hautes études internationales, le Bureau international de l'Université Laval et la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation.

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