La coopération au secours de l'alimentation!

Procurant plus de cent millions d'emplois dans le monde, soit 20% de plus que les multinationales, les coopératives ont un taux de survie plus élevé que les entreprises du secteur privé. C'est avec ces statistiques marquantes que Laure Waridel, écosociologue et co-fondatrice d'Équiterre, a lancé la conférence « La coopération au secours de l'alimentation ! », devant plus d'une centaine de personnes rassemblées à l'Université Laval pour l'occasion.

Étant de passage au Sommet international des coopératives, qui se déroulait du 8 au 11 octobre 2012, Laure Waridel a souligné que la thématique environnementale revient régulièrement dans les discussions sur les coopératives. « Il importe de se rappeler que l'être humain ne domine pas l'environnement, mais qu'il en est plutôt tributaire », rappelle-t-elle. De la même manière, l'économie est un outil et non une fin en soi. Ainsi, son constat le plus important demeure que nous avons le choix de nos actions, de nos activités et de notre mode de consommation et ce, malgré la crise globale qui est de plus en plus systémique. Elle soutient d'ailleurs que plus une coopérative est grosse et moins elle est ancrée dans son milieu. Ainsi, la maximisation des activités et des profits n'est pas toujours la meilleure des avenues. Une remise en question globale est nécessaire !

Déjà, plusieurs alternatives ont été mises sur pied pour faire évoluer le système de commerce actuel : l'Agriculture soutenue par la communauté (ASC), la Banque de terres agricoles, les Marchés de solidarité, les Fiducies foncières, les cuisines collectives, etc ... Des initiatives qui misent principalement sur la solidarité, l'entraide ... et le plaisir !


Les coopératives en action

«Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, 
mais ceux qui ne luttent pas ont déjà tout perdu» Berthold Brecht

Pour bien fonctionner, les coopératives nécessitent beaucoup d'engagement de la part de leurs membres, a témoigné Éric Proulx, président de la Coopérative des Grands Rangs et agriculteur fromager, invité par Laure Waridel à prendre la parole. Selon lui, les initiatives coopératives émergent souvent de la base. Il importe donc d'en consolider les assises.

Le rôle des gouvernements est aussi primordial grâce aux règlementations qu'ils peuvent imposer en faveur de ce type de développement. Par exemple, au Japon, les lois sont peu favorables aux coopératives, ce qui complexifie leur émergence, a expliqué Yvon Poirier, spécialiste d'économie solidaire. Malgré tout, de nombreuses femmes sont membres de regroupements coopératifs qui s'impliquent tout autant en alimentation que pour les engagements internationaux, la santé des personnes âgées ou les réformes politiques menées par des citoyens locaux.

Au Québec, c'est près de 160 000 personnes qui sont impliquées au sein de coopératives, a souligné Alain Bouchard, conseiller stratégique à la coopération à la Fédération des coopératives d'alimentation du Québec, lui aussi invité par Laure Waridel à prononcer une autre allocation. Face à la multitude d'intermédiaires dans le système d'alimentation actuel, M. Bouchard valorise la force des coopératives qui favorisent les rencontres entre l'agriculteur et le consommateur.

Optimiste quant à l'émergence de la solidarité coopérative, Laure Waridel souligne que l'implication des gens est toujours exponentielle et qu'il y a de plus en plus d'organisations et d'initiatives en ce sens. « Tous cherchent le bonheur et comme les coopératives en procurent tout plein, je suis pleine d'espoir ! », conclut-elle.


Activité organisée par la Chaire en développement international.

Conférenciers invités

Laure Waridel, écosociologue et cofondatrice d'Équiterre
Yvon Poirier, spécialiste d'économie sociale et solidaire

Pour revivre l'événement

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Des pistes à explorer

Conseil québécois de la coopération et de la mutualité : www.coopquebec.coop/fr

FORTIER, Jean-Martin « Le jardinier-maraîcher : le manuel d'agriculture biologique sur petite surface », Éditions Écosociété, 200 pages.