Études internationales, 3e cycle, Université Laval

L'initiative de l'intégration de l'infrastructure régionale de l'Amérique du Sud (IIRSA) : une stratégie de développement efficace ?

L’intégration régionale peut-elle constituer une solution concrète au développement ? Cette question, qui semble avoir une réponse évidente dans le cas de l’Europe, nous semble fort pertinente lorsque nous regardons les différentes régions sous-développées du monde. Ici, nous proposons d’analyser le cas de l’Amérique du Sud, plus précisément celui de l’IIRSA (Intégration de l’infrastructure régionale de l’Amérique du Sud). Cette initiative, qui se trouve à l’origine du processus d’intégration sud-américain dans les années 2000, est le projet le plus ambitieux de développement régional.

Après la fin de la guerre froide, l’intégration régionale par élimination des barrières commerciales est devenue un phénomène global. Or, dans certains cas, l’intégration a su dépasser les objectifs strictement commerciaux. Ainsi, l’agenda d’intégration s’est élargi de sorte d’approfondir la coopération entre les membres. En Amérique du Sud, un projet de cette nature existe depuis l’année 2000, dont l’un des volets consiste à promouvoir le développement à travers l’intégration physique de l’infrastructure : l’initiative IIRSA. Celle-ci est constituée de 10 axes transnationaux d’interconnexion d’infrastructure. Chacun de ces axes, dits « d’intégration et de développement », a été conçu afin de promouvoir des flux commerciaux –actuels ou potentiels – et de créer des chaînes des valeurs ajoutées à travers les pays concernés. 

Notre hypothèse est que les caractéristiques de l’accord de coopération de l’IIRSA, qui inclut la participation des organisations internationales spécialisées, permettent de surmonter les limites étatiques dans sa fonction de développement. La stratégie de vérification consiste en une analyse de cas grâce auxquels nous pouvons évaluer l’impact de l’IIRSA dans la définition des projets, leur financement ainsi que l’inclusion-exclusion des régions moins « rentables ». Les cas choisis sont les axes d’intégration et de développement affectant le Pérou et le Chili. Ces deux pays ont une projection commerciale vers « l’extérieur » du continent dans la mesure où ils sont réticents à s’engager avec leurs voisins dans des accords limitant leur insertion stratégique. Nonobstant, ils font partie de l’initiative et ils jouissent de ses bénéfices. Notre étude démontre que ces accords favorisent la coopération pour le développement et la protègent des vicissitudes de la politique internationale régionale.
 

Biographie

Nicolas Falomir Lockhart est titulaire d’un baccalauréat en droit et d’une maîtrise en relations internationales l’Universidad Nacional de La Plata en Argentine. Il poursuit ses études doctorales à l’Université Laval où il travaille comme auxiliaire de recherche du Centre d’études interaméricaines. Ses champs d’intérêts sont l’intégration régionale, les institutions internationales, l’Amérique latine, la démocratie et le développement.